Glyphosate

Transparence sur la sécurité et l’utilisation des herbicides à base de glyphosate en Europe

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Les amines de suif polyéthoxylées tensioactives présentes dans les herbicides menacent-elles les organismes aquatiques ?

(© iStockphoto.com/ Vesna Sajn)

Des études récentes ont soulevé la question de risques pour les animaux aquatiques en relation avec la classe des alkylamines polyoxyéthylées (POEA), dont font partie les amines de suif polyéthoxylées utilisées comme adjuvants dans certains herbicides à base de glyphosate. La désignation « POEA », qui n'est pas spécifique, couvre une gamme entière de composés d‘alkylamines éthoxylées, dont les amines de suif éthoxylées sont un sous-groupe. En particulier, une étude publiée en 2004 par le chercheur Rick Relyea 6 et ses collègues a évalué les effets toxiques potentiels des herbicides à base de glyphosate contenant des amines de suif polyéthoxylées sur plusieurs espèces de grenouilles. Les résultats indiquaient que les tensioactifs à base d'amines de suif pouvaient être nocifs pour les amphibiens et entraîner une mortalité accrue. Il est vrai qu'au-dessus d'un certain seuil, on peut s'attendre à ce que les tensioactifs dans l'eau aient des effets négatifs sur les organismes aquatiques en portant atteinte à l'intégrité des membranes cellulaires.

Les résultats de ces études doivent toutefois être examinés avec précaution car les animaux utilisés dans ces expériences ont été exposés à des concentrations élevées irréalistes. Il est improbable que de tels niveaux élevés de concentrations se rencontrent dans la réalité pour les raisons suivantes :

  • Les organismes aquatiques ne peuvent être exposés que de manière occasionnelle à des amines de suif, par suite de dérives non-intentionnelles lors de la pulvérisation ou en cas de ruissellement à partir de champs. Après de tels événements, les concentrations prévisibles de ces substances dans l'eau ne présentent pas de risque aigu significatif pour les amphibiens, les poissons ou les invertébrés dans les plans d'eau.
  • Les amines de suif éthoxylées se dissipent rapidement de l’eau naturelle vers les sédiments. Une étude a montré que moins d'une journée suffit pour que la moitié de ces adjuvants se dissipe dans l'eau. De ce fait, la faune aquatique ne devrait pas être exposée plus longtemps à des niveaux élevés de ces substances9.

D'un point de vue réglementaire, il existe des lignes directrices qui définissent le niveau de risque environnemental acceptable que posent les herbicides aux organismes aquatiques en termes de leur « rapport toxicité/exposition » (TER en anglais). Plus cette valeur de TER est élevée, moindre est le risque d'un incident qui pourrait nuire aux organismes dans les zones humides. On considère que les substances pour lesquelles la valeur de TER aiguë est supérieure à 100 pour les animaux aquatiques présentent un risque aigu faible dans l'environnement, tel que le définissent les autorités réglementaires. En ce qui concerne l'amine de suif éthoxylée encore utilisée dans des formulations à base de glyphosate, la valeur de TER aiguë calculée pour divers animaux aquatiques est >100 lorsqu'on respecte les instructions figurant sur les étiquettes ainsi que les bonnes pratiques agricoles. Le risque aigu qui résulte de l'exposition aux amines de suif éthoxylées pour les amphibiens, les poissons et les invertébrés aquatiques en conditions de vie réelles est relativement faible 1, 2, 7.

 

Références citées

 

Plus d'informations:

Last update: 03 Décembre 2013